Pendant ce temps au conseil communal... (22/04/13)

Publié le mardi 7 mai 2013
Les mines étaient réjouies dans les rangs de l’opposition. La majorité a dû faire marche arrière et revenir sur sa décision de limiter le nombre de questions des conseiller de l’opposition. L’opposition jubile : il faut communiquer autour de ce camouflet ! Car outre le fait qu’elle puisse à nouveau s’exprimer ouvertement lors des conseils communaux, les groupes de l’opposition, PS et ECOLO, ne dissimulent pas leur joie de voir la majorité obligée de devoir courber l’échine. Le ministre de tutelle a en effet cassé plusieurs articles du règlement d’ordre intérieur récemment voté par le conseil. Et par ailleurs, les pressions de l’opposition ont payé. La menace de convoquer un conseil communal extraordinaire toutes les fois où les propositions soumises par l’opposition ne se retrouvaient pas à l’ordre du jour, a fini par faire sauter le nombre maximum d’interventions que pouvait réclamer chaque conseiller.

C’est donc plein d’entrain que l’opposition aborde ce conseil. La majorité, en berne, subi. Les six propositions qui n’avaient pu pas être présentées lors du dernier conseil reviennent sur la table. Celle qui retiendra particulièrement l’attention est la demande d’une étude globale de la situation budgétaire et financière de la commune par le CRAC (Centre régional d’aide aux communes). Cet organisme d’intérêt public est a pour mission d’assurer le suivi des communes sous plan de gestion à cause de leur déficit, mais aussi d’accompagner et conseiller les communes qui veulent avoir un avis sur leur gestion financière. C’est que depuis 7 ans, le budget est régulièrement en déficit et n’est comblé que grâce à un bas de laine qui fond comme neige au soleil.

Une fois de plus la majorité est bien embarrassée ! Accepter la proposition pourrait apparaître comme un aveu de faiblesse. A l’inverse, la refuser laisserait penser que la commune redoute qu’une institution vienne mettre son nez dans les comptes. C’est à ce moment précis qu’il est amusant d’être dans le public (pour les sadiques qui aiment voir gesticuler leur adversaire comme un parachutiste sans parachute qui battrait des bras pour ralentir sa chute). Il faut noyer le poisson. Marcel Neven est passé maître dans cet art. Il va mentionner son expérience passée : « Lors de mon premier conseil, j’avais déjà eu affaire avec ce type de problématique… » Il va parler de son engagement parlementaire : « Nous avons eu une commission sur ce thème et il se fait qu’il m’a semblé que le CRAC n’est pas apprécié de tous, contrairement à son ancien directeur, qui par ailleurs a droit à toute ma sympathie. Peut-être pourrait-on demander l’avis de cet éminent spécialiste ? » Etonnamment, cette fois, il ne mentionnera pas que Visé n’est pas la seule commune qui a des difficultés, que Visé est une commune où il fait bon vivre, et qu’il ne comprend pas pourquoi l’opposition s’acharne à vouloir salir la ville que lui au moins aime à sa juste valeur ! Il manquait peut-être ces trois derniers arguments pour faire perdre le fil à l’opposition, mais elle a tenu le cap. Marcel à court d’idées renvoie la patate chaude à l’échevin des finances, qui ne s’attendait pas à devoir s’exprimer sur le sujet. Déstabilisé, il devient grognon. Il parle dans sa barbe, dit qu’il ne veut pas du CRAC, que l’opposition met en cause les compétences des fonctionnaires communaux, qu’il veut bien voter le texte si on parle d’aide du CRAC ou d’une autre personne, avant de se raviser et d’inviter à voter contre la proposition. La confusion était grandiose. C’est que la majorité n’est pas habituée à pas pouvoir balayer les propositions de l’opposition d’un revers de main...

Durant ce conseil, ECOLO a voulu attirer l’attention du collège sur plusieurs points que vous pouvez consulter ici